À Mondripou
À « Mondripou ».
Au commencement,
– Monsieur ! Monsieur, est-ce que vous m’entendez ?
– Hein ?
– Monsieur, vous êtes à l’hôpital ! Monsieur ?
– Quoi, qu’est-ce que c’est ? Arrêter de me secouer, marmonnais-je.
– Monsieur, je suis infirmière et vous êtes à l’hôpital. On vous a trouvé inanimé au pied du serveur, à l’institut.
– Un serveur ? Non merci, je ne veux rien. Pas soif, pas faim. Envie de vomir, dis-je, encore sonné.
Quelques instants plus tard.
– Aidez-moi à m’asseoir s’il vous plaît, j’ai la tête qui tourne et l’estomac au bord des dents. Burp. Désolé.
– Voilà Monsieur. Cela vous convient-il ?
– Oui, merci. Il était temps !
– Tenez, je vous laisse le haricot, si vous aviez encore envie de rendre…
Ayant retrouvé quelque peu mes esprits et mon humour, cette histoire de haricot me donna envie de lui lâcher un : « puisque je vous dis que je n’ai pas faim ! ». Mais finalement, je me tus.
L’infirmière prit sa tablette, scanna le code barre sur mon poignet et accéda à mon dossier. Hein ? C’est quoi ce code barre ! Depuis quand j’ai cette chose tatouée sur le poignet, comme une banale marchandise !
– Vous vous souvenez de quoi, Monsieur Nobody, reprit-elle.
– Pardon ? Comment vous m’avez appelé ? Mr… Nobody ?
– Nobody, c’est bien ainsi que vous vous appelez ? C’est bien vous là, dit-elle en me montrant la photo d’identité de mon fichier « suivi patient ».
– Oui, c’est bien moi sur la photo, mais je m’appelle Toutlemonde !
Un silence, puis :
– Ah oui ! Ça y est j’ai compris ! Vous avez de l’humour Mr Nobody ! C’est que vous allez mieux alors !
En réalité, mon nom est bien Toutlemonde ! Pas Nobody (mot Anglais signifiant "personne" en Français) ! Je ne blaguais pas, mais l’infirmière insista :
– Alors, que s’est-il passé Mr Nobody ?
– Eh bien, maintenant que le brouillard dans ma tête s’est un peu dissipé, je me revois en train de remplacer un module du serveur qui avait grillé, suite à ... ? Après une longue hésitation, une surtension, dis-je, pensif.
– Vous vous souvenez de la tempête, de l’orage, de tous ces violents éclairs ? Nous avons basculé à l’hôpital sur le groupe électrogène pendant plus de deux heures !
– Oui, ça me revient, nous aussi à l’institut. Obligé, à cause du refroidissement du réacteur !
– Exact, s’exclama l’infirmière, j’ai lu un article là-dessus pas plus tard qu’hier soir. Alors c’est vous qui travaillez sur les mondes parallèles !
– Oui, mais enfin pas directement, je ne suis que le technicien de maintenance informatique qui plus est, sous-traitant ! Je travaille aussi pour des collectivités publiques, pour des boîtes du privé etc...
– Allons Mr Nobody, ne soyez pas si modeste !
Dites-moi plus précisément comment cela fonctionne ?
– Vous savez, j’ai signé un accord de confidentialité ! Je ne pourrais pas vous dire plus que ce que vous avez dû lire !
– Ça m’intéresse !
– Ok ! Bon alors, les chercheurs mettent en charge le réacteur nucléaire qui émet certaines particules qui devraient rester, en théorie, piégées dans l’enceinte de confinement. Mais elles semblent passer par un autre chemin pour toujours atterrir dans le capteur, isolé pour l’occasion, lui aussi du reste de notre monde.
Les scientifiques cherchent donc à découvrir par quelle voie ou autre dimension, elles transitent.
– Vous cotoyez des gens qui ont un travail fascinant Mr Nobody ! J’ai tellement hâte qu' ils découvrent d’autres dimensions que « Mondripou» !
– Hein ? Comment vous dites « monde ripou » ?, dis-je en séparant bien les mots.
– Mr Nobody, quel humour ! Vous ne m’aurez pas cette fois-ci ! rétorqua l’infirmière, en quittant la pièce.
Les événements se réorganisant petit à petit dans mon esprit… Je me remémorais la scène précédant ma perte de conscience…
Un premier éclair fit griller un module du serveur. Et pendant la réparation que j’effectuais, la lumière vacilla, suite à un autre éclair je suppose, suivi d’un grand flash bleu et puis plus rien. Le trou noir !
Jusqu’à il y a moins d’un quart d’heure, dans cette chambre où je vis, en ouvrant les yeux, le visage de cette infirmière penchée au-dessus de moi !
Maintenant seul dans cette pièce, je me mis à observer mon nouvel environnement. Tiens, juste devant moi, une télé fixée au mur ?! Normal, me dis-je, comme dans toute chambre d’hôpital ! Un coup d’œil latéral me fit capter qu’à côté d'un téléphone portable, sur la table de chevet, se trouvait une télécommande.
Je la pris en main et appuyai sur le bouton marche.
L’écran s’alluma.
Suite au prochain épisode…
Toutlemonde Alain.
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